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Por Educate Magis
Sep 3rd, 2019

Dans cette interview, le P. Fransisko Kanyamanza SJ, Délégué à l’Education de la Province d’Afrique Centrale (ACE), partage ses réflexions sur l’Examen de Conscience, comment il se pratique et les avantages de cet exercice spirituel dans les écoles de la région.

1. Pourriez-vous nous parler un peu de vous, de votre expérience dans l’éducation jésuite et de votre rôle actuel ?  

Je suis Fransisko Bahati Kanyamanza, prêtre jésuite congolais. Je suis éducateur de formation et de profession. J’ai exercé mon ministère d’éducateur essentiellement dans les institutions jésuites d’éducation. Après avoir été enseignant dans les classes terminales du secondaire, je sers dans l’administration scolaire depuis huit ans dont les quatre dernières comme recteur au Collège Boboto. C’est depuis une année qu’il m’a été demandé d’assurer le service de délégation à l’éducation dans la province jésuite de l’ACE, une province qui compte huit écoles jésuites à dimensions variées.

2. Quelle est votre opinion générale sur Engagement n°1 (décrite ci-dessous) et son impact sur la réussite de la mission de la Compagnie de Jésus ? 

Les délégués s’engagent à promouvoir l’examen de conscience dans chaque établissement pour aider les étudiants à écouter leur voix intérieure et apprendre le chemin de l’intériorité. » – JESEDU-Rio2017

L’examen de conscience est un exercice spirituel qui, lorsque sa pratique est effective et intégrale dans une communauté éducative, permet de construire des communautés éducatives où vivent la profondeur spirituelle préparant à une mise en oeuvre effective et originale des 4 C (Conscience-Compétence-Compassion-Engagement).

Le contexte dans lequel vivent les opérateurs pédagogiques est celui de l’immédiateté et de la superficialité qu’engendrent les mass-médias et la paupérisation structurelle.

L’éducation jésuite au Congo (République Démocratique) a beaucoup façonnée l’éducation catholique, qui à son tour a beaucoup influencée l’éducation nationale. La critique adressée à cette dernière est d’avoir produit une élite qui a conduit le pays dans l’état actuel. Grâce à l’examen de conscience dans nos institutions scolaires, à long terme, la critique adressée à l’éducation catholique pourrait ne plus être pertinente.

3. Pouvez-vous nous dire comment s’est déroulé le processus de mise en œuvre de cette action dans votre province ? Quelles mesures avez-vous prises, vous et vos écoles ?

La mise en oeuvre de l’engagement n°1 dans notre province est un processus à quatre étapes. La première étape a été la tenue d’une réunion de tous les directeurs de nos institutions d’éducation ainsi que tous leurs adjoints. Au cours de la dite réunion, le responsable de chaque école s’est engagé à implémenter l’engagement n°1. La deuxième étape est l’implémentation effective de l’engagement école par école. Chaque école définit ses stratégies en fonction de son contexte local. La troisième étape consisterait aux échanges sur la manière dont l’implémentation s’est réalisée dans les écoles, suivi de la visite du délégué pour raffermir la pratique dans les différentes écoles. Cette troisième étape a connue beaucoup de difficultés liées d’une part à la faible accessibilité de toutes nos écoles à l’internet et d’autres à la période électorale marquée par des troubles limitant les mouvements du délégué pour sa sécurité. La quatrième étape devrait être une nouvelle réunion des directeurs pour rendre compte de la pratique et partager les expériences réussies et les difficultés. Il faudra donc pour l’année scolaire 2019-2020 relancer la troisième étape et la combiner avec la quatrième.

4. Quels sont, selon vous, les principaux défis à relever dans la mise en œuvre de cette action ? Que conseilleriez-vous à d’autres écoles ou provinces d’envisager avant, pendant et après la mise en œuvre de cette mesure ?

Le grand défi, le défi central, est l’absence du silence. Nos contemporains vivent dans les bruits et dans la consommation immédiate sans esprit critique de la production de réseaux sociaux. Il faut aider les gens à aimer et à rechercher le silence intérieur. Le silence prépare à un examen de conscience de qualité et l’examen de conscience conduit à plus de silence.

Je conseillerais à d’autres écoles et provinces de partager leurs expériences pour un enrichissement réciproque.

5. Quelque chose d’autre que vous aimeriez ajouter ? 

La pratique de l’examen de conscience en milieu scolaire varie selon l’âge des apprenants et l’expérience acquise en s’exerçant. Une pédagogie adaptée à chaque catégorie pourrait être envisagée.