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By Sylvain CARIOU-CHARTON
Oct 21st, 2022

Les mois de juillet et d’août 2022 auront été très marqués par différents épisodes de canicule. Nous sommes sûrement nombreux à avoir remarqué combien nos campagnes pouvaient être grillées par la chaleur et le soleil, indépendamment des feux dévastateurs qui se sont allumés en plusieurs endroits du pays. La terre a soif, elle a besoin d’être elle aussi désaltérée. Tout cela marque les esprits et contribue à la prise de conscience que la crise climatique ne sera pas qu’un épisode passager.

Parler de feu dans un tel contexte semble plutôt inapproprié… et parler de soif pourrait sonner comme un trait d’humour mal venu. J’ose cependant en cette rentrée 2022-2023 de telles analogies pour nous encourager en ces jours où nous préparons l’arrivée de nouvelles cohortes d’élèves.

« Comme un cerf altéré cherche l’eau vive »

Les jeunes ont soif ! N’en doutons pas. Même si cela ne s’exprime pas nécessairement par des mots articulés ou des discours, la soif est réelle. Soif de sens tout d’abord, parce que les incertitudes et le climat anxiogène que nous traversons peuvent aussi éveiller des envies, un désir profond de savoir et de comprendre vers quelle finalité sont orientés tous les efforts que nous allons demander aux élèves et ceux que nous allons déployer pour les accompagner. Soif de relation ensuite, parce que la rencontre en soi peut être une belle source de joie, parce que la découverte de nouvelles amitiés, de nouvelles « personnes qui tiennent debout » réveille nécessairement le goût de l’aventure partagée. Soif de savoirs et de connaissances qui assurent une meilleure compréhension du monde dans lequel ces jeunes évoluent et plus encore une formation crédible pour les aider à affronter les incertitudes de l’avenir devant lesquels nul n’a de réponse toute faite. Tout cela nous engage à avancer sur un chemin pédagogique qui encourage et valorise la profondeur des analyses et la juste compréhension des phénomènes. Les éducateurs que nous sommes, ont ici un défi vigoureux à relever. Ne perdons pas le cap ! Dans chaque classe, il ne manque pas de jeunes qui demandent à entendre cette parole de Jésus à la Samaritaine dans l’Evangile selon saint Jean (4, 14-15) : « Quiconque boit de cette eau aura de nouveau soif ; mais celui qui boira de l’eau que moi je lui donnerai n’aura plus jamais soif ; et l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d’eau jaillissant pour la vie éternelle. » C’est-à-dire à pouvoir être vraiment désaltéré par un sens profond, par des relations saines et par des savoirs structurants au cœur même de ce qui se vit dans leur école.

Oui, à chaque rentrée nous pouvons présupposer avec beaucoup de bienveillance, que chaque jeune nous demande : « Donne-moi de cette eau, que je n’aie plus soif, et que je n’aie plus à venir ici pour puiser. »

« Ite inflammate omnia ! 

Oui, la chaleur caniculaire nous a fait ressentir dans nos corps combien la soif est une sensation vitale, mais en plus les feux n’ont malheureusement pas manqué cette été. Il m’est alors revenu cette parole de Jésus (Luc 12, 49) : « Je suis venu apporter un feu sur la terre et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé. Je dois recevoir un baptême et qu’elle angoisse est la mienne jusqu’à ce qu’il soit accompli. »  Ce feu est celui d’une foi vivante, d’un zèle ardent pour le Royaume de Dieu. Chacun, chacune voudra bien y mettre le contenu qui lui semblera le plus propice compte tenu de son propre système de conviction. Mais retenons l’appel :  l’ardeur, comme le feu, cela se propage !

Dans la Compagnie de Jésus, il existe une légende qui nous raconte que, lorsque saint Ignace de Loyola envoya le futur saint François-Xavier en Orient, il lui aurait dit : « Ite inflammate omnia » ; « Va, enflamme toutes choses » ! et de fait, François-Xavier reste une figure rayonnante et emblématique d’un amour du Christ qui pousse à l’amour des autres, à l’engagement avec une attention particulière aux plus pauvres, à la remise en question de ses repères culturels et à l’annonce de l’Evangile en des milieux variés et souvent hostiles. Un autre saint jésuite plus contemporain, saint Alberto Hurtado (1901-1952), chilien, appelait les jésuites et tous les collaborateurs de la mission de la Compagnie à être comme « un feu qui allume d’autres feux » !

Notre réseau Loyola-Éducation ne manque pas de dynamisme pour illustrer comment cet appel vigoureux de saint Alberto peut se décliner concrètement. Depuis l’accueil et la formation prodiguée à tous les nouveaux enseignants ou personnels salariés qui arrivent dans le réseau, jusqu’aux « Semaines jésuites » qui poursuivent le tour des établissements et, cette année, rejoindront Bordeaux, Amiens et Marseille. Le partage d’expérience, la joie de se retrouver, l’approfondissement de cette mission éducative qui nous réunit au service des jeunes : tout cela participe d’un feu invisible mais bien réel qui réchauffe le cœur. Un foyer ardent qui se propage.

Alors oui : soyons les vrais brasiers d’un tel désir ! Ne perdons pas la flamme, même si les temps sont incertains, les crises réelles et majeures. Nous pouvons vraiment espérer que chaque établissement du réseau Loyola-Éducation, chaque école, chaque collège, chaque lycée, puisse rayonner comme un foyer brûlant pour envoyer un signal fort :

Ici, il y a de l’Espérance !  Ici, il y a du désir !
Ici, il vous est possible de rencontrer Celui
qui est notre source et qui s’écrie :
« Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi ! Comme dit l’Ecriture :
“De son cœur couleront des fleuves d’eau vive“ » (Jn 7, 37-38)

Oui, vous qui avez soif, venez !
Bonne rentrée 2022-2023 à toutes et à tous.

Dans une même Espérance